Trouver un bon camping en bord de mer en France, c’est pas aussi simple que ça en a l’air. Entre les emplacements « vue mer » qui donnent en réalité sur un parking, les tarifs qui explosent en août, et les étoiles affichées qui ne veulent parfois pas dire grand chose… on peut vite se retrouver déçu. Alors cette sélection, je l’ai construite avec une logique simple : des campings où t’es vraiment au bord de l’eau, où le rapport qualité/prix tient la route, et où tu n’auras pas l’impression d’être parqué comme du bétail.
Avant d’entrer dans le détail, un truc utile si tu veux comparer des options supplémentaires ou lire des avis d’autres campeurs : jette un œil à camping-a-la-detente.com, qui recense pas mal de bonnes adresses avec des retours concrets.
Les critères qu’on a utilisés – et ceux qu’on a volontairement ignorés
On s’est pas basé sur les étoiles officielles. Franchement, un 5 étoiles peut avoir un accès plage nul, et un 2 étoiles peut être à 50 mètres des vagues avec des sanitaires corrects. Ce qui compte pour nous :
L’accès réel à la mer. Pas « à 800m à pied via la route nationale ». On parle de campings où tu peux poser ta serviette en 5 minutes depuis ton emplacement.
La densité en haute saison. Certains campings entassent 400 tentes sur un terrain prévu pour 200. C’est invivable. On a écarté tout ce qui relève de l’usine.
La qualité des sanitaires. Basique, mais c’est là que beaucoup décrochent une mauvaise note.
Et on a volontairement ignoré les spas, les toboggans géants, les animations karaoké. Si tu cherches ça, c’est un autre article.
Bretagne : l’embarras du choix, mais pas n’importe où
La Bretagne, c’est probablement la région qui offre le meilleur ratio « bord de mer accessible + tarifs humains + paysages » en France. Mais gare aux pièges : beaucoup de campings bretons sont situés dans des communes jolies sur la carte, mais les emplacements sont séparés de la plage par une falaise, une route, ou deux kilomètres de chemin.
Ce qui marche bien en Bretagne, c’est de cibler la presqu’île de Crozon, la côte de Penmarc’h, ou encore les environs de Perros-Guirec. Ces secteurs ont des campings qui sont vraiment au bord, avec accès direct ou quasi-direct à des plages souvent peu fréquentées. En juillet, compte entre 25 et 45€ la nuit pour un emplacement nu avec voiture. En juin ou septembre, tu peux descendre à 15-20€. Et là, c’est une autre affaire.
Un détail qui m’a surpris lors d’une visite dans le secteur de Crozon : certains campings municipaux, discrets sur les plateformes, sont objectivement mieux situés que des 4 étoiles à 800m de là. Ça vaut le coup de chercher directement sur les sites des mairies.
Méditerranée : bien choisir sa zone, c’est tout
La côte méditerranéenne, c’est compliqué en été. Entre la Côte d’Azur bondée et les prix qui grimpent à des niveaux absurdes, il faut vraiment savoir où aller.
Perso, je déconseille fortement les campings entre Cannes et Nice en août. C’est trop cher, trop dense, et les plages les plus proches sont souvent payantes ou surpeuplées.
Par contre, le littoral entre Montpellier et Perpignan – notamment autour de Gruissan, Leucate, ou la côte Vermeille – réserve de vraies surprises. Des campings posés directement sur des cordons littoraux, avec la mer d’un côté et parfois un étang de l’autre. Le vent peut être costaud (c’est la tramontane ou le marin, selon les jours), mais les emplacements sont souvent vastes et la densité raisonnable, surtout en dehors des deux semaines centrales d’août.
Budget à prévoir : entre 30 et 55€ en haute saison pour un emplacement nu dans ces zones. Moins si tu arrives en véhicule seul sans voiture.
Atlantique Sud : les Landes, un classique qui mérite sa réputation
Les campings des Landes, c’est un peu le monument national du camping en bord de mer. Et pour une fois, la réputation est méritée. La forêt de pins jusqu’à la dune, les pistes cyclables, les plages interminables et souvent surveillées… c’est une combinaison difficile à battre.
Les secteurs de Mimizan, Moliets, Biscarrosse ou Vieux-Boucau proposent des campings de toutes tailles, avec des emplacements en forêt à deux pas de l’océan. Tu n’es pas toujours « les pieds dans l’eau », mais 10 minutes à vélo suffisent souvent pour y être. Et c’est quand même une expérience à part.
Ce que j’aime là-dedans : même en plein mois d’août, les plages des Landes restent respirables parce qu’elles sont immenses. Contrairement à d’autres côtes où tu poses ta serviette sur quelqu’un d’autre.
Attention : les campings landais, c’est souvent la réservation obligatoire bien en avance. Certains affichent complet dès mars-avril pour juillet-août. Ne t’y prends pas à la dernière minute.
Normandie et Nord : souvent oublié, parfois excellent
On y pense moins, et c’est peut-être là que se cachent les meilleures affaires. Les campings normands ou de la Côte d’Opale sont souvent bien moins chers que leurs équivalents du Sud, avec des paysages franchement beaux (les falaises d’albâtre, la baie de Somme, les dunes de Flandre).
Oui, le climat est moins fiable. Oui, l’eau est froide. Mais si tu campes pour les paysages, les balades, le calme, et que tu n’as pas besoin de 35°C pour être heureux, c’est une option sérieuse. En juin ou septembre, on peut trouver des emplacements à moins de 15€ la nuit dans des cadres vraiment beaux.
Ce qu’on évite, concrètement
Quelques profils à fuir, basés sur l’expérience :
Les campings « vue mer » sans accès plage direct. Toujours vérifier la distance réelle sur Google Maps, satellite activé, avant de réserver.
Les campings avec animations obligatoires. Ce n’est pas fait pour tout le monde, et certains en font trop.
Les plateformes qui mettent en avant les notes sans contexte. Un camping peut avoir 4,5/5 parce que sa piscine est top, et un accès mer catastrophique. Lis les avis en détail, pas juste la note globale.
La réservation trop tardive en août. On l’a dit pour les Landes, ça vaut partout. En France, les bons emplacements en bord de mer se remplissent très tôt.
En résumé : où aller selon ton profil
Tu veux des paysages sauvages et de la fraîcheur ? Bretagne ou Normandie.
Tu veux du soleil garanti et la Méditerranée sans t’ruiner ? Languedoc-Roussillon.
Tu veux un camping familial avec forêt, vélo et grande plage ? Les Landes.
Tu cherches quelque chose de confidentiel, hors des radars, avec des tarifs doux ? Côte d’Opale ou presqu’île de Crozon en juin.
Le camping en bord de mer en France, c’est encore possible sans se ruiner ni se retrouver dans le chaos – à condition de savoir où chercher et de ne pas attendre le dernier moment.

